R2 - Anthony ARNAL (Marssac) : « On peut partager plein de choses avec le football »

Vendredi 24 Mai 2019

Tarnais dans l'âme cet attaquant de vingt-six ans a su retrouver des valeurs qui lui plaisent au sein du club de Marssac. Il se plaît dans ce club « petit poucet » où l'ambiance prime sur l'argent.


Pouvez-vous retracer votre parcours dans le monde du foot ? 
Aujourd'hui, je fais moins de football que quand j'étais petit. Quand j'étais enfant j'avais tout le temps un ballon dans les mains, ou dans les pieds. J'ai commencé en 1998 à Albi avant de m'essayer à d'autres sports pendant un an. Après cette année, j'ai vraiment commencé ma carrière à Saint Juery. C'est vraiment là où je me suis passionné pour le football. Nous étions une bande de copains et j'y suis resté huit ans. C'est là-bas que j'y ai forgé mon caractère. Nous avions de bons éducateurs et de nombreux joueurs ont explosés dans le département. Par la suite, j'ai été au Séquestre, à Albi puis à Castres pour mes études. 

C'est encore un souvenir heureux pour vous Castres non ? 
Pendant trois ans, nous avions formé une bande de copains. Nous aurions pu monter en DH. Mais à l'époque, la DHR avait un meilleur niveau. Il y avait des équipes comme Colomiers ou Blagnac et ces gros clubs sont montés ou n'existent plus. 

Quelles sont les valeurs qui vous font vibrer dans le football ? 
Faire partie d'un groupe de copains au cœur du football. Il y a des notions de partage, d'entraide et de notions sociales. Je pense que ça ferait du bien à certains jeunes de pouvoir sortir le mardi et le jeudi de sortir faire du football dehors. C'est un sport qui ne nécessite qu'un ballon et des poteaux. 

Quelles sont les valeurs que vous partagez vous-même ? 
Le partage et la combativité. Maintenant, je sais que je n'irais pas faire un tacle avec les deux pieds décollés pour faire mal à mon adversaire. Je sais ce que c'est de se faire casser le genou ou la cheville et ce n'est pas le but. En face de nous, il y a également un mec qui va au travail la semaine. Il y a également l'esprit d'union. Nous sommes une équipe et c'est ensemble que l'on va se battre pour l'emporter. 

Vous me disiez que le football a également une place dans votre vie professionnelle, qu'en est-il ? 
Je suis Directeur Adjoint d'un Centre de Loisirs et nous travaillons avec les enfants et via mon travail, je vois clairement que l'on peut partager plein de choses avec le football et les sports collectifs en général. J'ai toujours aimé les sports collectifs comme le basket ou encore le rugby. Ce sont des sports qui dégagent beaucoup de valeurs.

"Le football c'est une alliance de plaisir et de combativité. Ça reste une passion."

Est-ce que vous vous voyez devenir coach plus tard ? 
Ouais, il y a une possibilité que je devienne entraîneur mais il ne faudrait pas que j'ai le foot à côté. Je ne pourrais pas lier les entraînements et me consacrer au groupe. Sachant qu'à 26 ans on est dans une période de notre vie où l'on a beaucoup de choses entre le perso et le pro. Carrément oui mais j'espère le plus tard possible pour pouvoir jouer le plus longtemps au foot. 

Parlons un peu de votre club. Qu'est-ce qui vous plaît dans le projet de Marssac ? 
J'y étais allé l'année où nous sommes descendus en R3. À la base, c'était un très bon projet et malheureusement, nous faisons quelques erreurs. Nous avons pourtant conservé un groupe très solide même en étant relégable. En plus nous étions descendus à la dernière journée. C'était vraiment dommage, mais je pense que ça a également renforcé le groupe qui a pris un virage que d'autres équipes ne prennent pas. Au final après une descente, nous sommes remontés de suite car nous savions que nous avions un groupe de qualité et nous étions motivés.. L'arrivée de Mika Bertrand n'y est pas étrangère. 

C'est un coach que vous affectionnez ? 
C'est un très bon coach. J'ai eu des bons coachs dans ma carrière amateur comme Jean-Marc Guibaud un ancien de Mazamet et Castres qui était vraiment une grande ponte pour moi. Mais vraiment, Mika Bertrand nous amène vraiment son expérience d'ancien pro. Que ça soit à l'entraînement ou sur les questions de tactique il est vraiment très bon. C'est également quelqu'un d'humain, il est très proche de ses joueurs. C'est un ami, il a la trentaine et il est jeune. On le respecte en tant que coach et en tant qu'ami. 

Cette saison vous vous retrouvez à jouer la montée, est-ce que vous vous y attendiez ? 
Honnêtement pas du tout. Nous savions que nous avions un groupe de qualité, mais nous ne connaissions pas la R2. Nous voulions nous jauger un peu pour voir si nous avions vraiment le niveau. Au final nous avons des bonnes individualités et des bons automatismes qui font que nous gagnons les matchs. Nous avons pris étape par étape. Comme dit Mika, ce n'est pas en se regardant que l'on va gagner. Nous avons joué tous les matchs à fond et nous verrons à la fin du mois. 

Il y a des similitudes avec Pibrac tout de même non ? 
On peut y penser oui, à nous de réussir à concrétiser pour être un bon champion. Marssac c'est vraiment la petite ville à côté d'Albi. Ce sont des clubs en périphérie de cette ville, comme Le Séquestre, et ils montent bien. Là je suis arrivé ici et j'ai pu voir que l'on avait des dirigeants en or. C'est vrai que dans le foot amateur on en trouve de moins en moins. Le président est toujours présent à chaque match, le trésorier et le vice-président ils font la paire et ils sont très accessibles. Le club essaye de changer et ce trio nous écoute. Après le lien avec la mairie n'est pas aussi positif. Tout ce qui est fait est réalisé de la part du club : repeindre les tribunes, faire un terrain synthétique. Actuellement par exemple, je pense que nous n'avons pas un terrain de niveau R2. 

Comment est-ce que vous voyez les prochaines années de foot ? 
Je vois que les petites villes alentours sont en train de monter de niveau. J'ai l'impression que les grandes villes ont baissé. Lavaur, Castres, Carmaux... les villes tarnaises qui avant étaient en DHR sont aujourd'hui en R3 ou en D1. Il y a vraiment un mélange entre les petites villes et les grandes villes. 

Comment l'expliquez-vous ? 
Je pense que les joueurs ont eu moins envie de se prendre la tête et sont parti dans des petits clubs pour vivre une autre ambiance, quelque chose de plus chaleureux, que l'on ne retrouvera pas dans les grandes villes. C'est différent des joueurs auxquels on va juste dire bonjour à l'entraînement et derrière ne rien partager. Le football c'est une alliance de plaisir et de combativité. Ça reste une passion. 

Et pour l'avenir de Marssac, comment le voyez-vous ? 
J'espère que la mairie va comprendre que l'on a envie de faire vivre le club et briller la ville. Si elle faisait plus de choses pour nous aider dans cette aventure ça serait bien. 

Vous avez une petite dédicace à faire pour finir ? 
Oui. Ce serait à Grégory Bosquet, on joue ensemble depuis Saint-Juéry et également au vétéran Cédric Lopez, c'est un peu le mentor du club. 


Anthony a trouvé à Marssac un club qui lui correspond parfaitement
Anthony a trouvé à Marssac un club qui lui correspond parfaitement